« Nous avons exposé au grand jour plusieurs questions délicates dont personne ne voulait parler », a commenté Leonard Leblanc, du Gulf Nova Scotia Fleet Planning Board, lors de la dernière assemblée générale du Groupe de recherche sur le homard. Ce groupe, qui fait partie du Réseau canadien de recherche sur la pêche (RCRP), s’est réuni à Halifax les 5 et 6 mars dernier à l’occasion de sa troisième assemblée générale pour discuter des recherches avant-gardistes menées par ses membres sur la structure et la connectivité des stocks de homards américains. Ces recherches visent à en apprendre davantage sur le degré de connexion qui existe entre les homards de différentes zones de gestion de l’ensemble du Canada Atlantique en raison de la dispersion des larves dans la colonne d’eau et des déplacements des adultes sur les fonds marins. L’assemblée de cette année a obtenu la plus forte participation jusqu’ici, avec 57 participants en tout, dont des représentants de flottilles de homardiers de cinq provinces, des membres des Premières Nations, des chercheurs universitaires et des étudiants-chercheurs, ainsi que des scientifiques gouvernementaux de quatre laboratoires de recherche du MPO et d’un ministère provincial. La présidence de l’assemblée a été assurée par Marc Allain, animateur du RCRP. 

L’assemblée a offert aux participants l’occasion de réfléchir à l’importance du Groupe de recherche sur le homard. Leonard Leblanc leur a rappelé que deux ans et demi auparavant, des pêcheurs, des universitaires et des scientifiques du MPO s’étaient réunis pour examiner la possibilité d’entreprendre une nouvelle forme de collaboration. « Il y avait au début de l’appréhension de la part des associations de pêcheurs, indique M. Leblanc. Nous ne savions pas trop ce que nous faisions là dans la même pièce. » Mais grâce à un dialogue transparent et sans détour et au leadership combiné de tous les participants, l’appréhension a fait place à un sentiment d’apaisement, ce qui a permis finalement à la confiance et à un langage commun de s’installer. « L’ouverture et la transparence dans la communication ont abattu bien des murs. Cette démarche Groupe de recherche sur le homard a beaucoup aidé, souligne M. Leblanc. Nous avons maintenant le cercle complet de participants qu’il nous faut pour avoir une équipe de recherche scientifique efficace. »

Le RCRP concentre ses efforts sur l’élaboration commune de projets donnant lieu à des collaborations intéressantes sur des recherches qui revêtent une importance stratégique pour le secteur de la pêche et la gestion. Le Groupe de recherche sur le homard est un excellent exemple de ce genre de projet, avec sa fiche exceptionnelle d’efforts de collaboration et de collecte de données. Grâce à une mobilisation sans précédent à l’échelle de cinq provinces, la collecte de données entreprise par le groupe a impliqué 400 voyages, 84 bateaux et 66 ports en 2012 et 432 voyages, 63 bateaux et 59 ports l’année précédente.

L’assemblée générale a été consacrée en bonne partie aux mises à jour des étudiants du Groupe de recherche sur le homard sur leurs travaux. Des discussions en petits groupes ont permis de formuler des commentaires précis sur les activités réalisées jusqu’ici et sur les enjeux à venir. Les données manquantes, les prochaines étapes des travaux de recherche, la planification du travail sur le terrain en 2013 et l’amélioration de la communication entre les partenaires font partie des questions qui y ont été abordées. Parmi les suggestions formulées pour améliorer la communication figurent celles-ci : 1) se servir des bulletins d’information de l’industrie pour parler des activités et des recherches; 2) faire participer les médias, la presse; 3) allonger la durée des présentations sur chacun des projets ou sous-projets (des réunions consacrées à un seul projet seront peut-être nécessaires); 4) faire participer les étudiants aux réunions du MPO sur l’évaluation des stocks. D’autres exposés ont été présentés sur des recherches entourant les changements climatiques, notamment sur le homard et l’acidification des océans. Les états financiers du RCRP dans son ensemble et ceux du Groupe de recherche sur le homard en particulier ont été examinés. 

Le clou de l’assemblée générale a été la séance de présentation par affiches et la réception qui ont eu lieu à la fin de la première journée. Cette activité était le bébé du Gulf Nova Scotia Fleet Planning Board, qui a commandité la réception dans l’espoir qu’elle aiderait à briser la glace et inciterait les gens à parler de leurs travaux en cours. La séance s’est avérée particulièrement animée, instructive et riche en discussions entre les partenaires. Benoît Bruneau de l’Université de Moncton s’est vu décerner le prix de la meilleure affiche étudiante à l’issue d’un vote. Nous remercions le Gulf Nova Scotia Fleet Planning Board d’avoir contribué à faire de cette activité une réussite.